Marseille – Lycéens viennent crier leur ras-le-bol devant la Préfecture

Les blocus touchent de plus en plus de lycéens qui manifestent ce jeudi matin (11h) devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille. Le lieu symbolise la révolte des lycéens. Une journée qui s’annonce tendue avec déjà des incidents

Snapchat, Instagram, Facebook, Tender, Messenger… l’appel à la mobilisation générale chez les lycéens se relaye sur les réseaux sociaux. Effet boule de neige garanti. Après les scènes de violence devant l’inspection académique mardi, les lycéens organisent leur colère, sur la toile et dans des coordinations.
Les opérations de blocus se sont poursuivies mercredi et se poursuivront encore toute la semaine, alors que les appels au calme se multiplient. Mercredi, une voiture a été incendiée devant la lycée Ampère (10e arrondissement), alors que dans la plupart des établissements, le temps semble comme suspendu.

Les lycéens s’apprêtent à connaître leur plus grosse mobilisation avec un appel général à manifester ce matin à 11 h devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille. Dès ce matin, l’entrée du lycée Périer, bloqué depuis plusieurs jours a été fermée par des poubelles. Les jeunes ont rassemblé toutes celle du quartier pour dresser un mur. Lorsque d’autres lycées venus d’ailleurs les ont rejoint, les choses ont mal tourné.

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La violence vient de l’extérieur

Lia, élève au lycée Thiers (1er), annonce qu’elle manifeste contre une réforme du baccalauréat qui va supprimer 2 800 postes d’enseignants. « Avec cette réforme on est dans le flou, et c’est tout simplement pas possible. On joue notre avenir. Il y a beaucoup de préjugés sur les blocus. On n’ est pas violent. La violence vient de l’extérieur ».

Pacifique, comme la plupart des élèves de son âge, Lia pense que l’on n’a pas le droit de s’en prendre à des « jeunes ». Enfant de Noailles, le quartier voisin du lycée, où l’effondrement d’un immeuble a provoqué la mort de 8 personnes, Lia a été terriblement affectée par ce drame. L’accumulation d’injustices a nourrit la colère lycéenne. « On vit dans un pays qui a des moyens, c’est insupportable que Macron mène une politique destinée aux riches » . Les jeunes expliquent que c’est dans les manifestations que leur avenir de citoyen se construit.

« Mieux répartir les richesses »
« Qui sème la misère, récolte la colère », résume Zachari, élève de terminale scientifique au lycée Saint-Charles (1er). Macron a touché aux limites et « n’a pas l’air de vouloir nous entendre et c’est ce qui alimente encore plus fort notre colère ». Les réformes de l’éducation ont introduit de la sélection qualifiée d’inacceptable par les lycéens. Pas gilet jaune, mais gilet jeune, Zachari estime que le peuple a besoin d’unité. « On est ni de droite, ni de gauche. Le but c’est d’avancer socialement, pour mieux vivre ». La hausse des taxes, « le monde qu’on nous laisse », pour Vincent, élève en filière technologique au lycée Diderot (13e), il n’y a pas trente six solutions. « Nous ce que l’on veut, c’est une meilleure répartition des richesses. Il n’y aura pas d’autres occasions ».

Photo AFP
Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 6 décembre 2018

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