A Marseille – «Macron doit réagir, là on tourne en rond»

La manifestation des gilets jaunes, débutée dans le calme, s’est terminée dans la tension avec les forces de l’ordre.

«Je suis venu manifester pacifiquement, on n’a rien fait, on n’a pas allumé de feu et on s’est fait matraquer, gazer, agresser, insulter par les forces de l’ordre», s’énerve Florian, 24 ans, étudiant infirmier qui venait manifester pour la première fois à Marseille avec les gilets jaunes. C’est le début de soirée à Marseille et la Canebière est encore chargée de lacrymos. Barricades en pleines voies, poubelles qui brûlent un peu partout, magasins pillés… Face aux casseurs qui ont envahi les rues, les forces de l’ordre chargent dans tous les sens, tirant dans le tas. Fabien et son groupe quittent les lieux, dégoûtés.

En début d’après-midi, ils s’étaient rassemblés devant la préfecture plutôt tranquillement. Les gilets jaunes marseillais avaient joué le symbole: 2000 personnes à genoux, les mains sur la tête, pour reprendre l’image des lycéens arrêtés par la police jeudi, à Mantes-la-Jolie. Le rassemblement s’est ensuite dispersé dans le calme, quelques manifestants prenant le chemin du Vieux-Port où devait arriver, au même moment, la manifestation Climat. Alors que le cortège arrivait, près de Fabien, des gilets jaunes décident de s’asseoir sous l’ombrière du Vieux-Port sortant leurs djembés et entonnant des chants «anti-Macron», raconte Fabien. «Les forces de l’ordre ont réagi de suite, affirme-t-il. Des insultes, puis des tirs de « flash-balls ».»

Pour le jeune homme, le président de la République doit réagir d’un geste fort, en prononçant la dissolution de l’Assemblée nationale et surtout, «en prenant vraiment conscience de ce qui se passe !» «Parce que là, on tourne en rond, soutient-il : il nous fait un moratoire mardi pour après nous annoncer la fin des taxes le jeudi et le président se propose de se présenter lundi ou mardi pour apaiser les tensions avec un discours. Mais pourquoi ne pas discuter dès aujourd’hui ? Pourquoi aujourd’hui met-il des blindés à Paris, à Marseille et dans différentes villes ? Et puis la vidéo sur les lycéens… Je veux bien que les lycéens soient allés trop loin, mais les forces de l’ordre aussi !»

La situation était encore tendue dans le centre-ville de Marseille en début de soirée, plusieurs boutiques et cafés ayant décidé de fermer le rideau. Bilan pour l’heure : une douzaine de gardes à vue pour des vols ou des incendies de poubelles. La police ne fait pas état de blessés.

Photo : AFP – Boris Horvat
Stéphanie Harounyan 
Article tiré de Libération  le 8 décembre 2018

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