Des «gilets jaunes» finalement reçus à Matignon

Pour la quatrième fois, les « gilets jaunes » appellent à manifester ce samedi 8 décembre. Toute la journée de vendredi, l’exécutif a tenté de parer à toutes violences et de se montrer à l’écoute des manifestants. Edouard Philippe a même pu enfin rencontrer des « gilets jaunes ». A deux reprises, les invitations à discuter de Matignon sont tombées à l’eau à cause des menaces de représailles contre les « gilets jaunes ».

La troisième invitation fut la bonne. Après deux rendez-vous manqués avec les « gilets jaunes », le Premier ministre est enfin parvenu à les recevoir à Matignon. Edouard Philippe a pu discuter près d’une heure et demie avec une délégation. L’image est importante. Elle permet au gouvernement de débuter un dialogue après lequel il court depuis trois semaines.

L’abandon de la hausse de la taxe sur les carburants a permis de faire baisser la pression. Le gouvernement est devenu un interlocuteur valable pour les manifestants. De bon augure pour la concertation que l’exécutif veut lancer le 15 décembre.

Pendant qu’Edouard Philippe tend la main aux « gilets jaunes » et prépare les futures consultations, Emmanuel Macron, lui, reste en retrait. Le président a joué vendredi soir sur un autre registre, celui de la sécurité. Sans caméras ni micros, il a rencontré des gendarmes mobiles au fort de de Nogent-sur-Marne près de Paris. Le chef de l’Etat qui ne prendra pas la parole avant lundi.

Appel au président

Désormais, c’est au président qu’ils s’adressent directement, à l’image de Benjamin Cauchy, un des « gilets jaunes » reçus hier par Edouard Philippe, qui estime que « le message est passé » lors de cet entretien.

« On n’a pas le sentiment d’avoir fait un grand pas. On n’avait pas la volonté de faire un grand pas. On avait la volonté de pouvoir regarder droit dans les yeux l’un des deux représentants de l’appareil exécutif, de lui transmettre nos revendications, de faire en sorte que le message passe sans court-circuit, passe le plus rapidement possible de manière à ce que le président agisse le plus vite possible. Il y a urgence. »

Il invite maintenant le président de la République lui-même à « descendre dans l’arène du peuple ». « C’est au président de la République de prendre ses responsabilités et de parler le plus rapidement possible et de parler avec des mots simples, de parler avec le cœur, de parler avec émotion. Parce qu’il en suffit de parler depuis l’étranger ou depuis un porte-avion, il suffit de parler avec des formules technocratiques. Il faut qu’ils parlent concrètement et rapidement. »

Les « gilets jaunes » reçus à Matignon ont profité de leur entretien avec le Premier ministre pour mettre sur la table les revendications collectées depuis plusieurs semaines. « Une justice fiscale : travailler fortement et rapidement sur l’évasion fiscale, sur les multinationales qui par des montages financiers sont exemptes de fiscalité. Le problème de la concurrence fiscale entre pays européens. Ça, c’est un vrai sujet. Et puis nous avons parlé également de la CSG sur les retraites, des allocations aux adultes handicapés, des pensions d’invalidité. Nous avons parlé d’aménagement du territoire. Nous avons parlé de citoyenneté, de la proportionnelle aux élections législatives, du référendum d’initiative citoyenne. Nous avons tout mis sur la table. »

Photo : AFP – Jean-Philippe Ksiazek
Article tiré de RFI  le 8 décembre 2018

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