Motion de censure – La gauche unie contre le gouvernement

Les groupes communiste, insoumis et socialiste de l’Assemblée nationale vont déposer une motion de censure commune lundi contre le gouvernement. La 3e depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Après plus de trois semaines de mobilisation des gilets jaunes, les députés communistes, insoumis et socialistes vont tenter à leur tour de faire blocus à la politique d’Emmanuel Macron, en déposant une motion de censure, dans le but de faire tomber le gouvernement d’édouard Philippe. « Nous appelons chaque député à prendre ses responsabilités face à la gravité de la crise, explique Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône du Parti communiste français. Entre la fuite en avant libérale du gouvernement et l’impasse nationaliste incarnée par le Rassemblement national, une autre voie est possible. »

L’abandon de la hausse de la taxe sur le carburant dans le projet de loi de finances 2019, annoncé mercredi, est loin d’avoir donné satisfaction aux gilets jaunes, qui s’apprêtent à manifester pour le quatrième samedi consécutif. Le mouvement de contestation autour de la baisse du pouvoir d’achat a fait parvenir le week-end dernier à la presse une liste de quarante-deux revendications, parmi lesquelles figurent, pêle-mêle, le rétablissement de l’ISF, la « fin de la politique d’austérité », la lutte contre l’évasion fiscale, mais aussi un accueil digne des demandeurs d’asile… Autant de doléances auxquelles les députés de gauche souhaitent pouvoir offrir une traduction politique : « nous souhaitons une rupture avec la politique du gouvernement dictée depuis dix-huit mois par le haut patronat », poursuit Pierre Dharréville.

Les députés de gauche espèrent rassembler un large soutien autour de leur initiative dans les jours à venir : « Nous allons chercher (…) à élargir le cadre de ceux qui pourront déposer avec nous » la motion, a précisé hier l’élu socialiste de Seine-et-Marne, Olivier Faure, aux côtés d’élus LFI et PCF, à l’issue d’une réunion de travail.

Le député insoumis Ugo Bernalicis espère quant à lui convaincre certains députés LREM de joindre leurs signatures à la motion, comme par exemple Sonia Krimi, qui a revêtu un gilet jaune dans sa circonscription de la Manche.

La motion de censure n’a quasiment aucune chance de faire tomber le gouvernement étant donné les forces en présence : il faudrait qu’elle recueille au moins 289 voix sur 577 députés. Or les groupes de gauche ne représentent à eux seuls que 62 sièges à l’Assemblée nationale. À droite, sauf cas isolés, il n’est pas prévu de s’associer à cette initiative. Deux motions de censure avaient déjà été déposées lors de l’affaire Benalla. Le seul précédent dans la Ve République, d’une motion de censure ayant entraîné la chute d’un gouvernement, s’est déroulé en 1962, lorsque le général de Gaulle avait décidé d’instituer par voie de référendum l’élection du président de la République au suffrage universel direct. En réponse, le président avait alors dissous l’Assemblée nationale.

Le but de la motion est donc avant tout de « faire renaître un débat », selon Pierre Dharréville. Une manière de peser dans le « rapport de force », pour le député insoumis Alexis Corbière : « C’est notre rond-point à nous et nous l’occupons », ajoute-t-il. Mais pour l’élu de Seine-Saint-Denis, la « vraie puissance » est ailleurs :  c’est «  celle des « gilets jaunes », celle du peuple mobilisé. »

Photo : AFP
Gabrielle Trottmann
Article tiré de la Marseillaise
  le 8 décembre 2018

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