Salaire et justice fiscale – Ca urge !

 

Rétablir l’ISF, revoir l’impôt sur le revenu et surtout la TVA et la CSG qui frappent aveuglément, ou augmenter le Smic : ce qu’il faut mettre en œuvre et vite pour que les gilets jaunes se sentent entendus et non pas baladés.

Supprimer la hausse des taxes, ça ne suffit pas. Si c’était effectivement la première demande des gilets jaunes, les manifestants ont élargi le champ de leur revendication. Et le gouvernement, qui hurle au loup à propos de la manifestation de demain, ferait mieux de répondre à des exigences légitimes. De la justice sociale et de quoi vivre décemment sont en effet les deux piliers des exigences venues du terrain.

Le gouvernement l’a bien compris puisqu’il propose un débat public sur les impôts. Sauf qu’il veut le résumer à « moins d’impôt, c’est moins de service public ». Ce n’est pas ce que demandent les gilets jaunes. Quand ils exigent le rétablissement de l’ISF, un « impôt sur le revenu plus progressif » (cf « Les directives du peuple » distribuées aux députés) ou une TVA à 0 ou 1% pour les biens alimentaires, ils sont très clairs.

Mais le gouvernement a déjà refusé les amendements proposés par les groupes communistes et insoumis visant à augmenter le nombre de tranches d’imposition à l’occasion du premier budget de Macron. Et comme le disaient déjà les états généraux de la fiscalité proposés par le Front de gauche en 2013 ou de régulières notes de la CGT Finances, c’est à l’injustice des impôts indirects qu’il faut s’attaquer. La TVA qui rapporte la moitié des revenus de l’Etat, alors qu’elle frappe au même pourcentage tous les revenus ou à la CSG, qui arrive en deuxième position, dépassant les 100 milliards de recettes quand l’impôt sur les revenus plafonne à 76 milliards.

On ne vit pas avec le Smic

Plus de justice fiscale, c’est également ne plus donner, sans condition, des milliards aux entreprises. « 40 milliards via le CICE », a rappelé lors du débat parlementaire sur les gilets jaunes le député communiste Fabien Roussel dont le groupe demande depuis des années à ce que les aides aux entreprises soient liées à leur taille et à leur politique pour l’emploi.

« On ne vit pas avec le Smic. Vivre, ce n’est pas simplement manger », a dit très clairement un gilet jaune lors d’une rencontre au Sénat organisée mercredi. Si le gouvernement dit comprendre la colère face à un travail qui ne rémunère pas, il ne fait rien. Pourtant, cette hausse du salaire minimum est très clairement demandée, pour atteindre les 1 300 euros net, selon « Les directives du peuple ». Le groupe communiste a exigé cette augmentation « dès janvier 2019 », lors du débat parlementaire. Tout comme FO qui s’est dit « pas du tout satisfait » de la hausse du Smic de 1,8% prévue. Ou comme la CGT qui milite depuis longtemps pour un montant de 1 800 euros brut, soit 1 386 euros net.

Une CGT qui a d’ailleurs annoncé, hier, qu’elle ne participerait pas aux négociations avec Muriel Pénicaud qui veut discuter avec les syndicats de la prime mobilité. La confédération a bien voulu jouer le jeu de l’apaisement en dénonçant dans un communiqué commun avec les autres syndicats – à l’exception de Solidaires – « toutes formes de violence dans l’expression des revendications ». Mais elle refuse de se laisser « récupérer » par le gouvernement « qui tente de trouver une unité nationale » en pleine crise des gilets jaunes.

Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise  le 8 décembre 2018

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