Si monnaie m’était contée… (poème d’un insoumis)

Si monnaie m’était contée…

Que va-t-il se passer durant ce nouveau siècle ?
Du millénaire qui vient que cache le couvercle ?
Où va-t-on de ce pas, vers quel Eldorado ?
Suffit-il de courir pour gagner le gros lot ?

Avez-vous remarqué comment tout s’accélère ?
Combien les échéances nous poussent à la galère ?
Pour qui veut aller loin, faut-il aller plus vite ?
Mais qui peut rattraper notre temps qui s’effrite ?

Qui sont ces prétentieux qui nous poussent au vertige
Arguant de cette antienne que partout on inflige :
Le temps c’est de l’argent ! L’équation est lâchée,
Ceux qui rêvent en chemin, seront tous éjectés !

Nous sommes sur la Terre pour être productifs,
Tout autre prétention se révèle sans motif.
C’est que sur notre tête une main invisible
A joué son va-tout de façon prévisible.

Et il n’est pas question d’échapper au bon sort
Que la fée Capital réserve à notre corps.
Quelque part sur la Terre un lot de gens savants
Sait créer la monnaie qui lie les pauvres gens.

Ils appliquent à l’argent le secret de la vie :
A sa reproduction ils s’exercent à tout prix !
Nécessaire il nous est, alors il faut plier,
A toutes ses exigences, il nous faut succomber.

Parlant de succomber, ça pour sûr on succombe !
Et on ne compte plus le nombre d’hécatombes !
Sur ce plan chaque année rarement nous déçoit
Depuis qu’le monde est monde, chacune vaut son poids !

A voir ce résultat, je pose la question :
Va-t-on encore longtemps se faire damer le pion
Au nom de la doctrine que dicte la finance
Ravalant nos destins à simple manigance ?

Après des millénaires de savoir amassé
Avec ce savoir-faire aujourd’hui hérité,
Comment se laisser dire que c’est faute d’argent
Qu’on ne peut de nos jours nourrir tous nos enfants ?

Qu’on ne puisse consommer matière et énergie
Sans risquer d’épuiser la Terre et ses produits,
Sans sortir de l’ENA on peut le concevoir
Et apprendre à ne pas vider le réservoir !

Mais qu’est donc cette monnaie si dure à fabriquer
Qu’on ne peut aujourd’hui produire à satiété ?
Où est ce puits de mine, dans quelle banque centrale
Se cache le levier du robinet vénal ?

Quelle est la main qui serre le garrot du crédit
Poussant l’humanité au bord de l’asphyxie ?
Qu’on nous montre une bonne fois cette pompe à pognon
Qui sur-gonfle la Bourse nous laissant les trognons !

Avant que de se perdre en quelques catacombes,
Un jour à ces questions il faudra bien répondre.
Le décor est planté depuis longtemps déjà,
Le mythique an 2000 n’a que pressé le pas.

La venue de l’Euro selon ces mêmes dogmes
A creusé le fossé et renforcé ces normes
Où sueur, sang et larmes nourrissent les dividendes
Quand les taux d’intérêts engraissent les prébendes.

Allons-nous continuer en ce siècle qui vient
A nous frayer en vain un fragile chemin
Parmi tous ces écueils qui sont si familiers
Que notre raison peine à les identifier… ?

Pourtant si l’on sait voir et si l’on veut entendre
Que de choses censées nous pourrions tous apprendre !
Face à l’obscurité des croyances mutilantes
La force du savoir se fait si pénétrante…

***
(jpduf – écrit pour l’’an 2000, à peine retouché pour l’an 2019)

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