Mal à mon service public – Témoignage

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Je suis contrôleuse des finances publiques. J’aime mon métier mais j’ai de plus en plus de stress au travail. Les suppressions de postes et les réformes incessantes rendent de plus en plus difficiles nos conditions de travail. On travaille dans l’urgence, et plus en qualité. On perd le sens du travail, on vit mal de ne pas faire correctement ce pourquoi nous sommes payés.
Certain.es collègues en pâtissent jusque dans leur sommeil. L’avenir incertain pour beaucoup d’entre nous avec les fermetures de services et de sites, les regroupements en pôles, les suppressions de missions, ont installé une ambiance morose, limite dépressive. Moi je suis syndiquée à la CGT, et j’y milite activement, c’est ma bulle d’air. Mais il m’est arrivé l’an dernier de péter les plombs, claquer les portes, et de m’engueuler avec des collègues. J’ai pris du recul grâce aux camarades du chsct (on a encore la chance d’en avoir un), mais j’avoue que désormais c’est devenu purement alimentaire alors que j’étais fière de travailler au service de l’État et de participer à recouvrer les recettes si nécessaires pour le fonctionnement de nos services publics et donc à mes concitoyen.nes.
Je suis rentrée dans la fonction publique à 22 ans et pensait partir en cessation progressive d’activité à 58 ans et en retraite à 60 ans. Mais là il me faudra attendre 64 ans voir 65 ans pour une retraite sans décote et les jeunes quand vont ils rentrer dans le monde du travail ? Quel sera l’avenir pour mes futurs petits enfants ? j’ai un salaire correct après 35 ans dans la fonction publique mais insuffisant au regard de ma qualification acquise, et je dois quand même faire attention à mes dépenses. Après avoir élevé mes enfants, j’aimerai pouvoir me lâcher un peu et arrêter de compter tous les mois pour ne pas être dans le rouge à la banque.
Mais comment oser se plaindre quand on voit la situation catastrophique dans les hôpitaux ou l’Éducation nationale par exemple, les familles qui vivent sous le seuil de pauvreté, les précaires et les sans emplois que ce gouvernement fustige honteusement ! Notre pays est riche, il suffit d’avoir une fiscalité juste (chacun contribue en fonction de ses moyens), un revenu minimum décent, du travail pour tous (vive les 32h) et qu’on arrête les cadeaux fiscaux aux riches, aux grosses entreprises.
Marielle
Article tiré de l’Humanité . le 5 janvier 2019
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