RCA – Une mission conjointe UA-ONU pour tenter de relancer le processus de paix

Une mission conjointe de l’ONU et de l’Union africaine est arrivée mardi en Centrafrique pour tenter de relancer le dialogue entre le gouvernement et les groupes armés sous les auspices de l’Initiative africaine.

Le chef du Département des opérations de maintien de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, et le commissaire de l’Union africaine à la paix et à la sécurité, Smaïl Chergui, ont entamé une visite de trois jours à Bangui. Ils sont accompagnés d’un représentant de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ainsi que de plusieurs chefs de la diplomatie des pays de la région.

Concurrence d’une initiative russe, problèmes de financement, difficultés au sein de la facilitation… Les obstacles se sont multipliés au cours des derniers mois et ils ont pratiquement mis au point mort l’Initiative africaine.

La mission conjointe associant l’ONU et l’Union africaine en République centrafricaine a lieu après un intense ballet diplomatique dans la région et une rencontre de haut niveau sur la RCA qui s’est tenue il y a trois mois à New York, en marge de l’Assemblée générale. Les participants avaient alors souligné que « l’Initiative africaine devait rester l’unique cadre pour le processus de paix dans le pays ».

Un diplomate estime que tous ces problèmes sont en train de trouver solution. C’est donc pour lui « le bon moment pour relancer un processus en panne, mais très attendu du côté de Bangui ».

« Le gouvernement estime que ce processus doit être accéléré », a lancé son porte-parole Ange Maxime Kazagui. Mais surtout, les autorités attendent de cette visite que la date, le lieu et le format des discussions soient fixés, précise-t-il.

« Cela sera le gouvernement face aux groupes armés », martèle le porte-parole gouvernemental. La classe politique et la société civile « auront l’opportunité de donner leur avis pendant les négociations, sans être dans les négociations ».

L’un des principaux opposants centrafricains rappelle de son côté qu’après deux ans de face-à-face entre le gouvernement et les mouvements armés, ceux-ci occupent 80 % du territoire et sont de plus en plus actifs. Anicet-Georges Dologuelé estime donc que le pouvoir a échoué et doit désormais associer à ce dialogue toutes les forces vives de la nation.

Photo Reuters/Siegfried Modola
Article tiré de RFI . le 9 janvier 2019

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