Gilets jaunes et rouges – Un début de convergence à Marseille

L’acte XI des gilets jaunes à Marseille était marqué par la présence de la CGT, la FSU et Solidaires à leurs côtés. Un début de convergence qui va dans le bon sens pour les participants.

Mobilisation arc-en-ciel samedi à Marseille, où plusieurs milliers de manifestants ont défilé ensemble quelle que soit la couleur de leur gilet.

Une manifestation où les militants de plusieurs syndicats, la CGT, la FSU et Solidaires, mais aussi des membres du Parti communiste français, de la France insoumise et du NPA, se sont joints aux gilets jaunes. Objectif : réunir tous ceux qui portent les mêmes revendications sociales. « Je suis pour la convergence des luttes, il ne manque que les étudiants aujourd’hui d’ailleurs », confie Mireille, une gilet jaune marseillaise. Cette dernière partage « beaucoup d’idées communes » avec les organisations du camp progressiste. « Plus de pouvoir d’achat, plus de protection sociale et d’égalité fiscale » réclame-t-elle. Bien consciente qu’il ne « peut pas y avoir une telle différence de revenus entre les personnes. On se bat pour un autre monde, une autre Europe ».

Les gilets jaunes en tête, le cortège s’étirait du haut de la Canebière jusqu’en bas du Vieux-Port, où les partis politiques fermaient la marche. Progressivement, les gilets jaunes se mêlaient aux gilets rouges. Une convergence qui n’a pas duré toute la manifestation, puisque des incidents entre forces de l’ordre et gilets jaunes au niveau du Centre Bourse ont séparé les militants. Si l’absence de parcours précis du côté des gilets jaunes n’a pas facilité l’avancée des cortèges, l’unité des revendications était bien présente.

« L’action par tous les moyens possibles »

Pierre-Marie Ganozzi, secrétaire départemental de la FSU 13, a vu d’un bon œil ce rapprochement entre syndicats et gilets jaunes. « Il faut aller vers des convergences de revendications, pour porter au mieux cette voix humaniste et progressiste qui est la nôtre », explique le syndicaliste.Avant d’ajouter : « C’est à nous d’imposer les questions de services publics au gouvernement. On doit être dans l’action par tous les moyens possibles, les assemblées générales, citoyennes ou dans les entreprises, par la grève. Il faut faire plier les forces derrières Emmanuel Macron et qu’il accède à nos revendications ».

Les militants de la CGT semblaient eux aussi plutôt satisfaits de ce premier pas. « C’est un bon début, on construit et on ne lâche rien », entendait-on dans la manifestation. Certains attendaient d’ailleurs cette convergence depuis plusieurs semaines. Salariés de la RTM, de Carrefour, cheminots, territoriaux, représentants du comité précaires et sans emplois étaient venus nombreux.
Reste à savoir si cette jonction sera durable. Les craintes de récupération semblent s’estomper : « On peut être ensemble sans être récupérés. Chacun reste gilet jaune ou syndicaliste », confiait Martin, gilet jaune venu d’Aix-en-Provence.
La date du 5 février sera un nouveau baromètre de la convergence des luttes. La CGT a d’ores et déjà déposé un préavis de grève au niveau national interprofessionnel.Dans le même temps, plusieurs groupes de gilets jaunes relaient l’appel. Entre les ronds-points et la grève, il y a plus qu’un pas à faire.

Mais tous espèrent bien faire plier Emmanuel Macron.

Amaury Baqué
Article tiré de la Marseillaise  le 29 janvier 2019

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