Venezuela – Bras de fer avec l’opposition sur la question de l’aide humanitaire

A Caracas, des députés de l’opposition tentent d’organiser l’acheminement de l’aide humanitaire promise par les Etats-Unis à hauteur de 20 millions de dollars. Cette aide doit parvenir sur le territoire vénézuélien via les frontières colombienne et brésilienne.

Au Venezuela, l’acheminement de l’aide humanitaire américaine représente un point de confrontation majeur entre l’opposition et le gouvernement de Nicolas Maduro. Le chef de l’Etat estime que son pays ne va pas jouer les mendiants.

Dans le même temps, sur le plan politique, il peut difficilement éviter de répondre positivement à une mesure d’urgence qui pourrait soulager la population la plus touchée par la crise et qui se mobilise de plus en plus dans la rue aux côtés de l’opposition.

Le président colombien Ivan Duque a déclaré que des centres de collecte étaient en train de se mettre en place à la frontière à Cúcuta. Des députés de l’opposition vénézuéliens disent s’organiser avec des ONG comme Caritas au Venezuela, pour pouvoir distribuer cette aide aux plus démunis.

Aide de l’armée

« Nous sommes dans la phase de l’organisation de l’aide humanitaire, comment la faire rentrer, et puis en faire venir davantage, car cela ne sera pas suffisant, nous explique Stalin Gonzalez, vice-président de l’Assemblée nationale, qui travaille aux côtés de Juan Guaidó. Nous sommes en discussion avec l’Union européenne et certains pays pour qu’ils puissent participer à cette aide, dont on ne souhaite pas qu’elle s’éternise ».

« C’est uniquement pour répondre à une urgence, poursuit-il. Mais si le gouvernement ne laisse pas rentrer cette nourriture, les gens vont traverser la frontière pour aller la chercher. S’il la laisse passer, ce sera une victoire pour l’Assemblée nationale. Mais on travaille sur toute la logistique car ce n’est pas aussi facile que cela ».

Encore faut-il que cette nourriture et ces médicaments passent la frontière depuis la Colombie et le Brésil. Pour cela, il faudrait que les militaires vénézuéliens laissent entrer les camions, ce qui n’est pas encore acquis. L’opposition dit étudier de près toutes les possibilités logistiques y compris maritimes, mais sans le basculement de l’armée il sera difficile d’y parvenir.

Maduro rejette l’ultimatum européen

Pour Roberto Patiño, qui gère plusieurs ONG d’aide alimentaire et de lutte contre la délinquance dans les quartiers pauvres de Caracas, il faut que les militaires divisés en groupes très décentralisés à travers le territoire, laissent entrer cette aide à tout prix. « Nous espérons que la question de l’aide humanitaire soit une opportunité pour que les forces armées montrent une certaine unité et une cohésion », nous explique-t-il. Pour le moment, peu de militaires de haut rang ont fait défection. Les forces armées ont même lancé une campagne de recrutement pour défendre le pays.

L’ultimatum de l’Union européenne qui demande à Nicolas Maduro d’organiser de nouvelles élections expirait ce 3 février dans la nuit. Six pays européens dont la France et sans doute un septième, l’Autriche, pourraient reconnaitre Juan Guaidó qui s’est déclaré président par intérim, et accroître ainsi la pression sur le gouvernement de Nicolas Maduro. Ce dernier a rejeté l’ultimatum dans un entretien sur la chaîne de télévision espagnole La Sexta.

Photo : AFP – Schneyder Mendoza
Véronique Gaymard
Article tiré de RFI  le 4 février 2019

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