Marseille – Syndicats et gilets jaunes font cause commune

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, mardi matin, à Marseille, à l’appel des syndicats (CGT, FSU, Unef et Solidaires) et des gilets jaunes pour faire « la jonction » des luttes pour le pouvoir d’achat et plus de démocratie.

Entre 40 et 50000 manifestants ont entamé à Marseille, une jonction inédite et à grande échelle entre d’une part le mouvement des gilets jaunes, commencé le 17 novembre dernier et les syndicats CGT, Unef, FSUet Solidaires. « Notre point commun ? Gilets jaunes, rouges, syndicalistes, militants… qu’importe ! Nous sommes avant tout des citoyens et il est grand temps d’exiger, ensemble, de pouvoir vivre dignement de notre travail ! », déclare David Badens, gilet jaune, habitant Pertuis. « Et il était grand temps de passer à autre chose, d’arrêter la guéguerre et de rappeler que la démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple ». Cela prendra du temps, « pour changer de modèle en profondeur, de manière pacifique et dans la dignité », souligne ce caissier dans une grande surface et aussi entrepreneur, en plein milieu du cortège, arrivant à la Porte d’Aix.

Autour de lui, les banderoles des dockers CGT du port de Marseille, les gilets rouges des personnels de la centrale de Gardanne, des unions locales de la CGT, des hôpitaux, et plus loin les drapeaux roses de Solidaires et blancs de la FSU.

La question du « pouvoir d’achat et d’une réforme fiscale qui renforce nos services publics nous concerne tous », stipule Laurent Tramoni, de la FSU, le principal syndicat de l’enseignement. Et de dénoncer « les réformes Blanquer, du lycée, du bac et de l’orientation avec Parcoursup, qui accentuent encore un peu plus les inégalités… » Avec en toile de fond « la suppression de quelque 2 650 postes, alors que les effectifs sont en hausse », pose-t-il, comme bilan. « Ne pas aller en cours et manifester c’est notre façon à nous de faire grève », poursuit Inès, lycéenne à Jean-Perrin, en remontant vers la Gare Saint-Charles. « On se bat tous contre les injustices, fiscales et sociales. Nous avons des revendications communes, d’autres différentes, mais on espère faire bouger les choses et être entendu ». Tendant à bout de bras une pancarte : « contre l’augmentation des frais d’inscription en fac pour les étudiants étrangers », Laurine, doctorante, ne dit pas autre chose.

« Mardi prochain, les mardis d’après et les samedis, on va les rendre fou, ils vont voir des gilets partout ! »

Le diplôme et la thèse ne font pas tout, défendre le service public, c’est aussi dénoncer « la baisse du nombre de poste de chercheurs au CNRS ». La jeune femme avait hésité à se joindre au mouvement des gilets jaunes, « même si j’adhère à leurs revendications et les trouve légitimes ». Cette convergence est d’autant plus « intéressante », estime-t-elle, qu’elle ouvre grand les portes de la contestation à tous les citoyens.

« Il y a plus de 200 entreprises qui ont déposé un préavis de grève dans le département », se réjouit, Olivier Mateu, le secrétaire général de l’union départementale de la CGT. « Ce sont de très bonnes bases pour poursuivre et amplifier le mouvement et cette manifestation l’illustre d’une belle manière ». Des manifestations et des actions, il y en aura les mardis, et les samedis, « on va les rendre fou, ils verront des gilets partout », ajoute-t-il lors de sa prise de parole, devant des milliers de personnes arrivées à la Porte d’Aix. « C’est un moment important dans l’affrontement, pour faire monter le rapport de force jusqu’à la victoire ! », conclut-il.

Valentin Sanchez, de l’Unef, a ensuite rappelé que la « multitude est supérieure à quelques individus qui gouvernent aujourd’hui » et Frédéric Michel, de Solidaires, de souligner l’importance de remettre au centre des débats « la répartition des richesses, plus de justice sociale et fiscale », dans un pays où « les patrons du CAC40 ont engrangé 57milliards d’euros de bénefs en 2017… » Et ce ne sont pas les cahiers de doléances ou le grand débat national qui tourne au show permanent, qui permettront de changer la donne. « Il faut organiser nous-même la convergence des colères ».

Depuis l’an passé, depuis les manifestations contre la loi travail, suivies de la très forte mobilisation des agents de la SNCF contre la privatisation de l’entreprise publique, « il y a quelque chose qui a émergé », estiment Laurent Delours de la CGT Cheminots et Cédric Giménez, secrétaire adjoint des cheminots Paca. Ils rappellent aussi, au passage, la manière dont ils avaient été « stigmatisés », comme le sont actuellement les gilets jaunes. Aujourd’hui, « nous défendons, ensemble, les services publics ». Et une idée commune de l’intérêt général, que « chacun puisse vivre dignement ».

Article tiré de la Marseillaise le 7 février 2019

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