Marseille – Une action pour la réquisition des logements vacants

Au moment où la municipalité se lance dans la démolition de plusieurs immeubles du centre-ville, les collectifs citoyens ont décidé de passer à l’action mardi soir rue de la République afin de réclamer la réquisition des logements vacants.

En 2004, rue de la République, 200 familles déplacées. En 2018 : Marseille, 2 000 délogés et 33 000 logements vides, occupons ! ». Inscrits en lettres capitales, les mots flottent désormais sur une grande banderole attachée à la façade d’un immeuble haussmannien situé au 78, rue de la République.

Hier, en fin d’après-midi, le collectif du 5 novembre, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), l’Assemblée de la Plaine, le Droit au Logement (DAL) ont frappé fort pour commémorer un double anniversaire : le drame de la rue d’Aubagne, survenu il y a trois mois jour pour jour et le début de la réhabilitation de la rue de la République, il y a 15ans.

Une poignée de militants attachent la banderole avant d’inviter la presse à une visite guidée. À l’intérieur : un tapis rouge est étendu sur les marches de la cage d’escalier, dans les étages, des dizaines d’appartements, vides, attendent des locataires, parfois depuis 14 ans. Certains, comme ce T4 visité hier soir pourraient accueillir des délogés sans problème. D’autres mériteraient d’importants travaux de rénovation. En tout : 8 400 mètres carrés de surface habitable.

Rue de la République, une « rue morte »

 

Et ce n’est qu’un immeuble. Les logements vacants se comptent par centaines sur toute la rue, comme nous l’expliquions dans notre dossier (La Marseillaise du 26 décembre 2018). Le 78 appartient à deux promoteurs : Promologis et Sileo. « Depuis 2016, ils ont interrompu les travaux. On veut montrer l’échec de la politique d’urbanisme menée par la municipalité. Voilà le résultat : une rue morte », dénonce Kevin Vacher, du collectif du 5 novembre.

À l’heure où plus de 2 000 personnes ont été délogées des taudis marseillais et où plus de 1 300 demeurent à l’hôtel, les collectifs de citoyens réclament la réquisition de ces immeubles. « Ça fait deux mois que je vis à l’hôtel, voir ces logements vides, franchement ça fait mal au cœur », lâche Afid, un délogé, qui était de la visite. « Ce bâtiment et cette rue illustrent la déconnexion des pouvoirs publics qui pondent des projets opaques après des concertations bidon », pointe Bernard Eynaud, président de la LDH des Bouches-du-Rhône, après la visite. Tous signataires du « manifeste pour une ville verte, vivante et populaire » signé la semaine dernière, les collectifs réunis hier sont plus que jamais décidés à « montrer que cette ville ne se fera plus jamais sans nous ».

Marius Rivière
Article tiré de la Marseillaise le 7 février 2019

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