Les grands moins et les petits plus de la carte scolaire dans les Bouches-du-Rhône

Dans les Bouches-du-Rhône, les mesures de carte scolaire affolent déjà les organisations syndicales. Avec 650 élèves de plus et le dédoublement des classes, l’arrivée de 94 nouveaux enseignants s’annonce insuffisante.

C’est la première fois qu’un groupe de travail préparatoire aux mesures de carte scolaire (ouvertures et fermetures de classes) mobilise à ce point les organisations syndicales.

Jeudi, SNUipp et FO avaient appelé à un rassemblement devant la direction académique à Marseille, où administration et syndicats étudiaient l’épais document de travail portant sur les conditions de la prochaine rentrée scolaire dans le 1er degré.La création de 94 postes d’enseignants pour les Bouches-du-Rhône s’annonce largement insuffisante pour permettre l’extension du dispositif du dédoublement aux 102 classes de CE1, soit 4 026 élèves de l’éducation prioritaire. Avec ces nouveaux enseignants, il faudra aussi assurer l’accueil de 650 nouveaux élèves.

D’après les prévisions des syndicats, les mesures de carte scolaire qui seront définitives au retour des vacances de février, donneront un solde négatif avec 75 fermetures pour 60 ouvertures de classes. « Ce qui est consternant, c’est que l’on ne compte pas les élèves d’Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) dans les effectifs. De plus, les seuils pour prononcer les fermetures ne sont pas respectés », constate Claire Billès du SNUipp.Pour sortir de ce problème insoluble, les classes dédoublées le seront avec 15 élèves et non pas 12 comme annoncé par le ministre de l’éducation. Mais faute de locaux à Marseille, « 26 élèves de CP ne seront pas scolarisés, parce que l’école ne peut accueillir que 30 des 54 élèves prévus », s’alarme Claire Billès. Les calculs s’annoncent serrés. « Pour 60 élèves, il faut par exemple 5 classes à 12, mais seulement 4 à 15. Au final, il y aurait plus de 400 CP à 14 pour une centaine à 12… », démontre la syndicaliste. Faute de locaux, la coéducation, c’est-à-dire deux enseignants par classe, se généralisera à Marseille. Après les CP l’année dernière et les CE1 à la prochaine rentrée, seront concernés 16 000 élèves de l’académie d’Aix-Marseille, au sein d’environ 1 230 classes.

Impossible de dédoubler 30 classes à Marseille

Trente dédoublements ne pourront pas se faire à Marseille, où trente classes ne pourront pas ouvrir faute de locaux. Le dédoublement de classes « est un mensonge d’État, une duperie », juge Franck Neff pour FO.Les autres classes seront les victimes collatérales de ces dédoublements, avec des effectifs en hausse en maternelle avec 31 élèves et à 27 voire 28 sur les autres niveaux. Pour les syndicats, la mesure phar e du gouvernement Macron est l’arbre qui cache la forêt. Personne ne conteste les progrès des élèves en classe dédoublée. Mais le dispositif qui évalue les enseignants sur leurs résultats, fixe un taux de réussite de 100 %, auquel il est impossible de déroger.Beaucoup auraient préféré 25 élèves par classe dans tous les niveaux.
Si les mesures de carte scolaire ne sont pas encore définitives, à Marseille, le projet de construction en partenariat public privé (PPP) des écoles commence à agir sur les effectifs. Inquiets des conséquences de ces chantiers, des parents changent leurs enfants d’établissement, ce qui par exemple va entraîner la fermeture d’une classe à la maternelle Flotte (8e).

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 10 février 2019

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