Rochers, clous, pots de fleurs… La Fondation Abbé Pierre « récompense » le pire du mobilier urbain anti-SDF

Le prix du « dispositif le plus décomplexé » a été remis à un banc transformé en un siège une place, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).

Des prix un spéciaux. Entre rochers sous les ponts, pots de fleurs dans les entrées ou encore clous sur les rambardes, l’imagination pour empêcher les sans-domicile de s’installer ne manque pas. La Fondation Abbé Pierre (FAP) a remis, mercredi 13 février au soir, les « Pics d’Or » des pires innovations en matière de mobilier urbain anti-SDF.

Dans la catégorie « Fallait oser », le prix du « dispositif le plus décomplexé » a été remis à un banc transformé en un siège une place, dans un arrêt de bus de Biarritz, empêchant ainsi qu’une personne sans-domicile puisse s’allonger. Les mesures telles que l’arrêt anti-mendicité pris à Besançon et le permis de mendier instauré dans une ville en Suède ont également été « récompensés ». L’humoriste Blanche Gardin a également dit quelques mots lors de la cérémonie : « Merci pour ces ingénieurs qui ont pensé ce mobilier anti-#SDF : mourir dans la rue oui mais mourir debout !… on se prend à rêver ! »

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« Beaucoup d’innovation en la matière »

« Il faut reconnaître qu’il y a beaucoup d’innovation en la matière », ironise Christophe Robert, délégué général de la FAP. « On constate une augmentation des dispositifs anti-SDF dans les centres-villes, où on voit bien que les enjeux du commerce, du tourisme et de l’attractivité sont très liés à ce phénomène », explique-t-il.

« Ce mobilier urbain est a priori inoffensif, on le voit tous les jours et beaucoup de gens ne se questionnent pas sur le fait que sous leurs formes design, ils cachent en réalité une nouvelle forme de criminalisation et de répression à l’égard des personnes qui sont dans la rue », explique la sociologue Marie Loison, aussi membre du jury des « Pics d’or ». Les délits de vagabondage et de mendicité ont disparu avec le nouveau code pénal en 1994.

Lors de la cérémonie, la FAP a aussi présenté une « déclaration des droits des personnes sans-abri »« car ce n’est pas parce qu’on est sans domicile qu’on n’a pas de droits », a souligné Christophe Robert, rappelant notamment le droit pour toute personne à la rue de se voir proposer une solution d’hébergement.

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