Gaza – L’ONU épingle Israël pour «possibles crimes contre l’humanité»

C’est un rapport accablant pour Israël. Des enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont enquêté sur la réponse israélienne aux protestations organisées dans la bande de Gaza depuis onze mois. Au moins 250 Gazaouis et deux soldats israéliens ont été tués depuis le début de ce mouvement. Plus de 6 000 personnes ont également été blessées par balle. Et pour les enquêteurs de l’ONU, cette riposte s’apparente à de « possibles crimes de guerre ou crimes contre l’humanité ». Le rapport a été rejeté par Israël.

Alors qu’Israël dénonce des « émeutes » le long de la barrière de séparation,les trois enquêteurs de l’ONU, eux, jugent que ces rassemblements sont des « manifestations ». Leurs « objectifs politiques (sont) clairement énoncés », affirment-ils. Et même s’ils relèvent des « actes de violences importantes », ils estiment que ces protestations « ne constituent pas des combats ni une campagne militaire ».

6 000 manifestants non armés touchés par des tireurs d’élite

Dans ce contexte, les enquêteurs pointent du doigt le nombre élevé de victimes. « Plus de 6 000 manifestants non armés ont été touchés par des tireurs d’élite militaires », relèvent-ils. Parmi elles, « des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées (…) qui étaient clairement identifiables », estiment les enquêteurs. Ils dénoncent des violations du droit international humanitaire dont certaines « peuvent constituer des crimes de guerre ou crimes contre l’humanité ». Et le président de cette commission appelle Israël à lancer « immédiatement » une enquête.

Son appel a peu de chances d’être entendu. Les autorités israéliennes accusent régulièrement le Conseil des droits de l’homme de partialité à leur encontre et elles n’ont pas donné l’autorisation aux enquêteurs de se rendre en Israël et dans la bande de Gaza. Le ministre israélien des Affaires étrangères a qualifié ce rapport d’« hostile, mensonger et partial », réaffirmant le droit de son pays à se défendre contre les agissements « terroristes », a-t-il dit du Hamas, le mouvement au pouvoir à Gaza.

Photo : REUTERS – Ibraheem Abu Mustafa
Guilhem Delteil
Article tiré de RFI le 28 février 2019

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