Edouard Philippe vante le pouvoir d’achat par la concurrence

Le Premier ministre a présenté mardi des mesures censées accroître la compétition commerciale et diminuer les tarifs dans différents secteurs.

La concurrence au secours du pouvoir d’achat. Edouard Philippe a annoncé mardi une série de réformes censées diminuer les tarifs de certains secteurs d’activité en intensifiant la compétition entre leurs acteurs. Célébrant à Paris les dix ans de l’autorité de la concurrence, et citant l’économiste libéral Friedrich Hayek comme une référence personnelle, le Premier ministre souhaite «s’attaquer à des dépenses contraintes» du quotidien, «dont chaque hausse injustifiée s’apparente à un impôt caché». Manière de traiter une grande revendication des gilets jaunes sans solliciter le Trésor public.

A court terme, l’exécutif souhaite ainsi diminuer le coût des réparations automobiles en ouvrant davantage le marché des pièces de rechange. «Le prix de ces pièces et donc de la réparation est plus élevé chez nous qu’ailleurs en Europe, [car] un constructeur bénéficie de l’exclusivité de la vente des pièces détachées visibles», a constaté le Premier ministre, annonçant sans les détailler des mesures devant «réduire sensiblement»le prix de ces pièces, telles que les phares, les vitres, les rétroviseurs et les pièces de carrosserie. Sur Twitter, Philippe a évoqué une baisse comprise «entre 6% et 15%» du coût des pièces.

Pour diminuer les prix du permis de conduire, un sujet fréquemment évoqué par le chef de l’Etat ces derniers mois, l’exécutif veut mettre en place «très rapidement un comparateur» permettant, à partir des tarifs et des taux de réussite des auto-écoles, d’évaluer le coût final de la formation. Une baisse des tarifs est aussi attendue des syndics immobiliers, dont les copropriétaires peuvent changer tous les trois ans. Une meilleure information des copropriétaires et la mise en place de contrats types doivent rendre plus «effective la mise en concurrence» des syndics.

A plus long terme, l’exécutif souhaite également diminuer les prix en matière de santé, notamment en développant la vente en ligne des médicaments. Celle-ci ne représente que «1% du marché [en France] contre 15% en Allemagne» a souligné Edouard Philippe, qui a demandé à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, d’ouvrir le chantier.

Alors que la Commission européenne a récemment mis son veto à la fusion entre le groupe industriel français Alstom et l’Allemand Siemens, précisément au nom de la concurrence, le Premier ministre a de nouveau dénoncé «une mauvaise décision prise sur de mauvais fondements», et appelé Bruxelles à «davantage tenir compte d’autres objectifs de politique publique» que la concurrence européenne.

Photo : AFP – Ludovic Marin
Dominique Albertini
Article tiré de Libération  le 5 mars 2019

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