La centrale de Gardanne est entrée dans son quatrième mois de grève

En grève depuis le 7 décembre, les salariés de la centrale thermique de Gardanne continuent de réclamer un moratoire sur la fermeture. Autour d’eux, la solidarité s’organise.

Depuis 3 mois, plus un seul mégawatt d’électricité n’est produit à la centrale thermique. Les salariés en grève restent déterminés à se faire entendre du gouvernement, qui a décidé de fermer les quatre centrales à charbon du pays d’ici 2022 : sans moratoire, pas de reprise du travail. Mais pas de salaire non plus… Très vite, la solidarité s’est organisée : en interne, les non grévistes (qui ne produisent rien tant que le service manutention bloque les opérations), ont spontanément décidé d’aider les autres. À l’extérieur, les unions locale et départementale de la CGT centralisent aussi les dons de syndiqués de tout le territoire. « Certains nous font directement des chèques » témoigne Nicolas Casoni, secrétaire général CGT. À l’instar de la section des retraités du CEA de Cadarache, qui vient de faire parvenir un don de 1 000 euros assorti d’une lettre de soutien.

Des dons précieux pour tenir

« Cette solidarité, on ne l’a pas organisée » souligne Nicolas Casoni, « elle est venue naturellement.Et sans ce soutien financier qui nous permet presque de compenser les salaires, peut-être qu’on ne tiendrait pas… »

À l’union locale, « des particuliers viennent donner.On a même reçu un don d’une élue de la mairie » explique Yann Moret. Parmi les gestes significatifs, celui de salariés des écoles, « des animatrices qui ont des petits salaires n’ont pas hésité. Quand elles étaient en grève, les salariés de la centrale les ont soutenues, elles y ont été sensibles. On parle beaucoup de convergence des luttes, on peut aussi parler de convergence des solidarités ».

Pour Nicolas Casoni, cet élan « montre que notre conflit interpelle, il y a une prise de conscience ». Mais pour l’heure, le ministère de la Transition écologique ignore les propositions avancées par la CGT pour pérenniser l’activité. Les salariés portent un projet de production d’électricité au charbon propre, soutenu par les élus locaux.

Fait inédit : le dialogue semble noué entre la CGT et EELV. Le 2 mars, des représentants du parti écologiste ont rencontré les salariés. « On a trouvé de vrais points de convergence » se félicite le secrétaire général CGT. EELV, longtemps réfractaire à l’activité de la centrale, veut y voir mis en place un projet de reconversion axé sur la combustion de biomasse (à une échelle moindre que l’unité actuelle) et conservant l’intégralité des emplois.

Sabrina Guintini
Article tiré de la Marseillaise . le 8 mars 2019

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