L’étonnant parcours de Sahle-Work Zewde, présidente de l’Ethiopie

Alors que l’Union africaine a proclamé il y a maintenant huit ans la « décennie de la femme africaine » (2010-2020), l’Ethiopie joue depuis quelques mois aux bons élèves. En octobre, le Premier ministre Abiy Ahmed nommait le premier gouvernement paritaire du continent avec notamment des femmes au ministère de la Défense et à celui de la Paix. Quelques semaines plus tard, une femme prenait les rênes de la Cour suprême puis une autre, de la commission électorale. Entre temps, le géant de la Corne de l’Afrique s’était choisi une présidente : Sahle-Work Zewde. Un poste essentiellement honorifique, mais très symbolique pour cette diplomate qui a traversé les époques.

Elle occupe la chambre d’Hailé Sélassié Ier que son père a servi comme haut gradé dans l’armée impériale. Bac en poche au lycée français d’Addis-Abeba, en 1967, à 17 ans, la jeune Sahle-Work part pour Montpellier, dans le sud de la France. Elle restera neuf ans dans l’Hexagone. Elle y reviendra entre 2002 et 2006 comme ambassadrice.

Qu’a t-elle fait entre temps ? Sahle-Work Zewde est devenue une « grande commis de l’Etat ». « Le service public est au cœur de ma vie », expliquait-elle l’an dernier sur le blog du ministère éthiopien des Affaires étrangères.

Ambassadrice au Sénégal de 1989 à 1993, elle passe ensuite neuf ans à Djibouti. Ses « meilleures années de diplomates », dit-elle.

Puis vient l’ONU, preuve d’une certaine reconnaissance internationale pour cette polyglotte, aussi à l’aise en amharique qu’en français ou en anglais. C’est peut-être l’une des raisons qui ont poussé Abiy Ahmed à la choisir.

Quand on lui demande pourquoi elle a accepté cette fonction ? Zahle-Workavoue en privé : « Je n’ai pas eu le temps de réfléchir. »

A 68 ans, cette Amhara a probablement aussi servi à équilibrer le partage ethnique des postes de pouvoir. Elle est un symbole – trait d’union entre les époques, comme Abiy l’est, sur le papier en tout cas, entre communautés et religions. Elle voit la cohésion nationale comme le principal problème en Ethiopie. Il faudra davantage que des symboles pour s’y attaquer.

Photo : REUTERS – Tiksa Negeri
Article tiré de RFI le 8 mars 2019

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