Un robot pour venir en aide aux jeunes femmes victimes de violences

Créé par l’association «Elle Caetera», ce chatbot, accessible via Facebook Messenger permet aux jeunes femmes de trouver l’association ou la structure la plus adaptée à ce qu’elles ont vécu.

Dans leur vie d’avant, elles ont milité au sein d’une association de lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres vivants. Là, un constat s’est imposé : souvent, les femmes victimes de violences, en particulier les plus jeunes, ne savaient pas vers qui se tourner. Alors, de cette expérience, Alexia Lerond et Alice Patalacci ont tiré une idée : créer un chatbot, ou robot conversationnel, qui oriente les victimes vers l’association ou la structure la plus adaptée à leurs besoins. Accessible via la page Facebook de leur association, «Elle Caetera», ce robot s’adresse plus particulièrement aux 15-25 ans et répond vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Côté données personnelles, les conversations sont supprimées automatiquement au bout d’une semaine.

«On sait que cette population utilise beaucoup les outils numériques et les réseaux sociaux», déroule Alexia Lerond, cofondatrice du projet. D’où l’idée d’investir Facebook et son système de messagerie, Messenger : «La plupart des jeunes ont déjà ces applications sur leur portable», déroule la jeune femme. Inutile, donc, d’ajouter une énième appli pour toucher la cible. Il suffit d’entamer une conversation pour que le robot se présente, et pose ensuite des questions simples à son interlocutrice, qui n’a plus qu’à sélectionner l’une des réponses suggérées : tranche d’âge, lieu d’habitation, et surtout, faits incriminés : harcèlement sexuel, moral, de rue, ou encore violences sexuelles. «On est parties du constat qu’il est souvent difficile pour elles de qualifier ce qu’elles ont vécu», explique Alexia Lerond. Alors, c’est le robot qui s’en charge. Puis, avant d’apporter une réponse aux jeunes femmes, celui-ci lui délivre un message rassurant, déculpabilisant, en employant le tutoiement. «On a essayé de faire en sorte qu’il parle en termes accessibles, le plus simplement possible», déroule la fondatrice.

Le système délivre enfin le nom de l’association ou de la structure la plus proche de l’habitation des intéressées, ainsi qu’un site internet et un numéro de téléphone. Pour l’heure, la liste des structures répertoriées se limite à l’Ile-de-France, mais l’association Elle Caetera projette d’étendre son projet à tout le territoire dans les mois à venir.

Virginie Ballet
Article tiré de Libération . le 15 mars 2019

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