Grand débat – Édouard Philippe n’entend que de l’oreille droite

Là où les Français réclament majoritairement la justice fiscale et le retour de l’ISF, le Premier ministre comprend « exaspération fiscale » et promet des baisses d’impôts.

Face à « une immense exaspération fiscale », le gouvernement doit « baisser plus vite les impôts », a insisté lundi Édouard Philippe lors de la présentation du bilan du grand débat national lancé face à la crise des gilets jaunes.
Après deux mois de consultations qui, pour le Premier ministre, ont confirmé une « tolérance fiscale zéro », il a estimé, sous la verrière du Grand Palais, que ces débats indiquent « clairement la direction à prendre : nous devons baisser, et baisser plus vite, les impôts », sans préciser lesquels.
Avant une adresse au Parlement aujourd’hui et demain, et à quelques jours des premiers arbitrages du président Macron, le Premier ministre a affiché la volonté de l’exécutif d’annoncer des décisions « fortes. »

Phrases creuses et déclarations d’intention

« Nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable », a affirmé Édouard Philippe, qui s’exprimait devant près de la moitié du gouvernement, les cinq « garants » du grand débat ainsi que des maires et des partenaires sociaux.
« Le président l’a dit, nous ne pourrons plus gouverner comme avant », a déclaré le Premier ministre jugeant nécessaire « de construire les outils d’une démocratie plus délibérative. » Il a évoqué la défiance à l’encontre des élus et un « profond malaise » dans la société française, fait d’« isolement », d’« abandon », d’« indifférence » et de « manque de considération. »
Face à l’« urgence climatique », il note que les Français sont prêts à faire évoluer leurs comportements, mais « ne veulent plus que des taxes leur dictent ce qu’ils doivent faire », après la polémique suscitée par l’idée d’un retour de la taxe carbone.
Il a aussi plaidé pour « un rééquilibrage entre Métropoles et communes petites ou moyennes » et la nécessité de « bâtir une démocratie participative au long cours. »
Sur les 80 km/h, M. Philippe a plaidé « la bonne foi. » « Je voulais sauver des vies, on m’a accusé de vouloir remplir les caisses » de l’État, a-t-il regretté, sans pour autant dire s’il souhaitait abandonner cette mesure.

« Que les petits paient petit et que les gros paient gros »

« Aucune annonce concrète : le grand blabla continue », a réagi sur Twitter le député insoumis Alexis Corbière. Pour Ian Brossat, tête de liste communiste : « Édouard Philippe voudrait nous faire croire que les Français sont contre l’impôt. Ils ne sont pas contre l’impôt, ils sont contre l’impôt qu’ils paient et que les sangsues du CAC 40 ne paient pas. Il faut la justice fiscale : que les petits paient petit, et que les gros paient gros. »
Plus de 1,5 million de personnes ont participé directement au grand débat d’après les comptages officiels: un tiers via le site dédié, un tiers dans les quelque 10 000 réunions locales, un tiers dans les 16 000 cahiers de doléances ou par courrier libre.

L.P. avec AFP
Article tiré de la Marseillaise  le 10 avril 2019

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